Improvisation et Parrêsia : Des pratiques politiques de soi

Fabien Jean-Georges Granjon

Abstract


Pour Bernard Lubat et ses « mosiciens », l’improvisation est une forme de Parrêsia (Foucault). Tenant à la sphère de l’éthique personnelle, elle n’est toutefois pas étrangère à une pratique politique désindividualisée, c’est-à-dire à l’organisation d’un commun en partant du « chaos absolu de différences » (Arendt). À leur manière, Lubat & Cie, en tant qu’« êtres différents » et cultivant leurs singularités d’artistes et de citoyens développent un « style d’existence » qui est un témoignage par la vie manifestant « directement, par sa forme visible, par sa pratique constante et son existence immédiate, la possibilité concrète et la valeur évidente d’une autre vie, une autre vie qui est la vraie vie » (Foucault, 2009 : 170). Ils forment ainsi une communauté qui, de par l’existence même qui est la sienne, tend à donner témoignage de ce qu’est l’art de l’improvisation dans sa vérité, et porte, par là, une charge politique spécifique. L’improvisation est, en cela, une pratique de liberté qui (se) donne à voir et à entendre, au travers des propositions artistiques dont elle est au principe. Elle se fait « mise en scène » d’un politique (une politique de la scène et de la vie) et se présente comme un modèle d’une pratique cumulée de liberté qui produit de la différence, transforme l’individu, sans que le fruit de cette transformation ne soit prévisible à l’avance et sans qu’il soit à même de produire un processus plus large de libération.

Keywords


Critic; Improvisation; Jazz; Lubat; Parrêsia; Popular Culture; Uzeste

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DOI: https://doi.org/10.21083/csieci.v12i1.3983

Critical Studies in Improvisation / Études critiques en improvisation is generously supported by the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada (through both its Major Collaborative Research Initiatives and Aid to Scholarly Journals programs) and by the University of Guelph Library.
ISSN: 1712-0624